Archive mensuelle pour février 2012.

Charles de Courson, Député de la Marne, vice président de la Commission des finances l’Assemblée nationale, et Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loir, Secrétaire général du Nouveau Centre, dénoncent le caractère totalement démagogique et improvisé de l’annonce du candidat socialiste François Hollande concernant la taxation des très hauts revenus.
Alors que le parti socialiste se pose en grand défenseur de la progressivité de l’impôt, François Hollande propose de taxer à 75% les revenus au-delà de 1 million d’euros par an. Grâce au Nouveau Centre les revenus au-delà de 250000 euros sont, depuis la dernière loi de finances, taxés à 44%, et ceux au dessus de 500000 euros à 45%. Avec la proposition de François Hollande, on passe entre un revenu de 999999 euros par an de 45%, à un taux d’imposition de 75% à partir de 1000000 d’euros : ce n’est pas sérieux.

Le Président de la République la semaine dernière, en reprenant une proposition du Nouveau Centre, à savoir que les rémunérations des dirigeants des très grandes entreprises soient désormais décidées par l’Assemblée générale des actionnaires, et non plus par les Conseils d’administration, a
apporté la réponse la plus adaptée à la problématique des niveaux excessifs, devenue insupportables avec la crise, des très hauts revenus. François Hollande s’est cru obligé d’apporter une réponse précipitée, maladroite, improvisée et démagogique.

INTERVIEW – Deux jours après le congrès mouvementé du Nouveau centre, Hervé Morin, le président du parti qui a abandonné la course à l’Elysée, s’est emporté lundi matin sur LCI contre le président exécutif de la formation, Jean-Christophe Lagarde. Ce dernier lui répond sur leJDD.fr.

Lundi matin, Hervé Morin vous a qualifié de “voyou”. Que lui répondez-vous?
Je pardonne facilement les insultes. Hervé Morin fait surtout preuve d’amertume. Imaginez qu’il y a quinze jours, il se voyait encore un destin de présidentiable. Et aujourd’hui, il est dans la recherche d’un bouc-émissaire. Mais c’est me faire beaucoup d’honneur. Ce n’est pas mon influence politique, très relative, qui l’a forcé à abandonner. A sa place, au lieu de que de pointer du doigt Jean-Christophe Lagarde, je chercherai plutôt à régler le problème qu’il a avec le peuple français.

Est-il vrai que vous avez affrété, comme l’écrit Libération, trois cars de supporters qui avaient pour mission de huer le discours d’Hervé Morin?
Lorsqu’un congrès extraordinaire a lieu, chaque responsable de fédération vient avec ses militants. Ce n’est pas de ma faute si j’amène 250 personnes. La vraie question qu’Hervé Morin devrait se poser est pourquoi, quand il convoque un congrès extraordinaire, il n’y a en dehors de la fédération du 93, que 350 personnes dans la salle. Il y a trois ans, le parti comptait 18.000 adhérents. Il n’y en a plus que 7.300 aujourd’hui. Et seuls 23% d’entre eux ont voté sa motion [soit 67,6% des 2.499 votants, le reste des militants s'étant abstenu, Ndlr]. Le président du Nouveau centre doit donc se poser la question du bilan.

«Morin doit se poser la question du bilan»Reste que le congrès a été très tendu et le discours d’Hervé Morin a été sifflé par une grande partie de la salle…
Oui, il y a eu des sifflets contre Hervé Morin. Mais en quoi sont-ils plus indécents que les quatre premiers rangs pro-Morin – environ 110 personnes – qui n’ont cessé de siffler Olivier Jardé et Jérémy Coste [respectivement député de la Somme et président des jeunes centristes qui ont défendu chacun une motion face à Hervé Morin, Ndlr]? Forcément, quand Hervé Morin est monté en dernier à la tribune, il a déclenché une réaction.

La préparation du congrès présageait-elle cette tension?
Lors du comité exécutif qui a précédé, Olivier Jardé, moi-même et d’autres avons proposé qu’Hervé Morin présente une motion de synthèse, unique donc, en vue du congrès. Cela permettait d’entrer de plain-pied et ensemble dans la phase de négociation avec l’UMP. Hervé Morin a refusé et a voulu un congrès d’affrontement. Il a même contribué au mauvais déroulement de cette réunion.

C’est-à-dire?
Si je ne prends qu’un exemple, pour ce qui concerne les militants de Seine-Saint-Denis, dont je suis député, ils ont appris, dans un article du Monde daté de vendredi que leurs votes seraient “observés avec attention” par le “clan Morin”. Au-delà de la stigmatisation, cela laissait dubitatif quant à la transparence du scrutin.

«Morin a sans doute besoin de se reposer pour digérer son échec»La motion d’Hervé Morin l’a emporté ce samedi. Cela veut-il dire que les militants soutiennent leur président de parti?
Sa motion est forcément arrivée première, puisque nous avions choisi de boycotter le vote de ce congrès. Pendant deux ans, Hervé Morin a dit qu’il ne voterait jamais Nicolas Sarkozy au premier tour. Pendant un an, il a déclaré qu’il serait candidat jusqu’au bout. A dix jours d’un congrès qu’il avait convoqué précipitamment, il a retiré sa candidature. Ce congrès n’avait donc plus aucun sens. Comme l’a dit Olivier Jardé, Hervé Morin, par ce vote, souhaitait seulement absoudre une faute celle d’avoir emmené son parti dans une aventure personnelle. Et on voit bien que cela ne passe pas. La preuve : environ 5.700 adhérents n’ont pas voté.

Selon les partisans d’Hervé Morin, sa candidature a été utile, donnant davantage d’espace médiatique au Nouveau centre…
Hervé Morin s’est fait huer samedi par les deux tiers de la salle, quand il a déclaré que sa candidature avait été utile. Cela prouve que les militants, venus de toute part, n’étaient pas d’accord avec lui. Nous, les cadres du parti, croyons que les 0,5% d’intentions de vote dont Hervé Morin était crédité ne représentent pas la force de notre formation qui compte une quarantaine de parlementaires, des centaines d’élus locaux.

Hervé Morin doit-il désormais démissionner?
Cette situation pose en tout cas la question de la gouvernance du parti. François Sauvadet [ministre de la Fonction publique et vice-président du Nouveau centre, Ndlr] l’a d’ailleurs affirmé. Tout comme d’autres cadres du parti.

Le Nouveau centre risque-t-il d’imploser?
Pour éviter cela, il faudrait que le président de notre parti sache ramener de la sérénité et non chercher des boucs-émissaires. Il a sans doute besoin de se reposer pour digérer son échec. Nous verrons à l’automne comment gérer les problèmes de gouvernance et, si besoin, changer de direction. Mais d’ici là, il y a la présidentielle et les législatives. Après ces dernières, le centre doit se reconstruire, unir ses forces au sein d’une majorité renouvelée et élargie en partenariat avec l’UMP.

«C’est une chose de refaire le monde au bureau national du PS, mais il y a l’expérience de l’Etat»Plusieurs sénateurs, emmenés par Yves Pozzo di Borgo, ont décidé de soutenir la candidature du MoDem. Vous étiez porte-parole de François Bayrou en 2007. Pourquoi avoir choisi Nicolas Sarkozy aujourd’hui?
Le danger de l’extrême droite n’est pas écarté, on ne peut donc pas se permettre la dispersion des votes au 1er tour. Je ne sais pas où va François Bayrou ; va t-il appeler à voter pour la gauche au second tour? Mais surtout Nicolas Sarkozy, au cours de ces 2 dernières années, s’est rapproché de nous sur des sujets aussi importants que la gouvernance économique de l’Europe, la règle d’or d’équilibre budgétaire, la taxation sur les transactions financières ou encore la TVA dite sociale. Nous conservons bien sûr des différences mais elles enrichissent la majorité actuelle.

En 2008, vous aviez été signataire de l’Appel du 14 février pour une vigilance républicaine. Quatre ans plus tard, est-ce que Nicolas Sarkozy se trouve à la hauteur de sa fonction?
Pendant trois ans, de 2007 à 2010, j’étais en désaccord avec un certain nombre de choses qui se faisaient au sein de la majorité. Mas depuis deux ans, sous l’effet de la crise économique et après avoir dirigé le G20, le chef de l’état a réellement enfilé les habits de Président. Il a même fait accepter le principe de la taxe sur les transactions financières par la plupart des pays européens. Nicolas Sarkozy a appris de sa fonction. Tout le monde reconnaît d’ailleurs que les deuxièmes mandats de François Mitterrand ou de Jacques Chirac sont meilleurs que les premiers. C’est une chose de refaire le monde au bureau national au parti socialiste, mais il y a la réalité du monde et l’expérience de l’Etat est une toute autre chose.

Hervé Morin, le 28 janvier à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

Envoyé spécial à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) – Le Pavillon Baltard, à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), s’est rendu célèbre en accueillant les chanteurs et chanteuses en herbe de la “Nouvelle star”, l’émission de télé-crochet de M6. C’est à une autre sorte de match que les militants du Nouveau centre ont été conviés, samedi 25 février.

La structure métallique du Pavillon n’a pas tremblé au son des chansonnettes mais à celui de bruyants règlements de compte, où le président du parti, Hervé Morin, est sorti vainqueur. Après son retrait de la course à l’Elysée, ses opposants ont donné de la voix. Dans un climat délétère, qui laisse augurer des lendemains difficiles pour cette petite formation de centre-droit né en 2007 à l’initiative des anciens de feue l’UDF qui n’ont pas voulu suivre François Bayrou sur sa route solitaire entre droite et gauche.

Initialement, ce congrès extraordinaire avait été convié pour faire valider par un vote des militants la candidature de M. Morin. Le retrait de l’ancien ministre de la défense, le 16 février, en faveur de Nicolas Sarkozy, a changé le menu. Trois motions ont été soumises, samedi, au vote des militants.

Deux d’entre elles appelaient à soutenir Nicolas Sarkozy. La première, portée par M. Morin, défendait l’idée qu’il fallait une candidature de centre-droit, même si elle n’a pas trouvé sa place. Elle a obtenu 67,63 % des suffrages exprimés. La deuxième, déposée par le député de la Somme Olivier Jardé, était un texte de soutien au président de la République, qui, cette fois, ne s’encombrait pas d’une défense de M. Morin. Elle a obtenu 16,51 % des suffrages. Enfin, un troisième texte, incarné par Jérémy Coste, le président des jeunes du Nouveau centre, appelait à soutenir M. Bayrou. Il a obtenu 15,86 % des voix.

“DÉMISSION ! DÉMISSION !”

Depuis le début de l’aventure de sa candidature, M. Morin a fait face à une fronde des ténors de son parti. Parmi ses opposants déclarés, le ministre de la fonction publique, François Sauvadet, celui de la ville, Maurice Leroy, ou encore le président exécutif du parti, Jean-Christophe Lagarde. Les troupes de ce dernier, notamment, ont copieusement hué le président du parti, samedi matin, au cri de “démission !”, “démission !”.

Dans le camp Morin, on ironise sur cette “claque” organisée “avec des gens qui ne sont même pas encartés” au Nouveau centre. “La famille semble beaucoup moins éparpillée cette après-midi que ce matin. C’est de la faute aux autobus, c’est vrai que ça pollue”, a ironisé l’eurodéputé Jean-Marie Cavada, raillant l’affrètement, par les opposants de M. Morin, de cars de frondeurs. “A la démocratie des autobus, je préfère celle de la démocratie réelle, celle du vote des militants”, s’est aussi félicité M. Morin. Dans l’entourage de MM. Lagarde et Sauvadet, on souligne cependant que seuls 2 499 personnes ont voté, sur les 7 319 militants à jour de cotisation inscrits.

La situation est complexe. S’affrontent violemment, en interne, des gens désormais pourtant acquis au soutien de M. Sarkozy. Et, au-delà, une seconde ligne de fracture existe avec ceux qui s’estiment plus proches des valeurs de M. Bayrou que de celles de M. Sarkozy. Dans ce parti d’élus, qui compte plus de trente parlementaires, les députés se rangent presque tous derrière le chef de l’Etat. Leur réélection, de fait, dépend d’accords passés avec l’UMP. En revanche, les sénateurs sont moins séduits. Mais beaucoup évitent encore d’afficher un choix public.

 

Yvan Lachaud, Président du Groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale, tire deux enseignements du résultat du vote des adhérents lors du Congrès extraordinaire du Nouveau Centre ce samedi au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne.

Le premier enseignement c’est que plus de deux tiers des votants ont accordé leur confiance au Président du Nouveau Centre, Hervé Morin, qui a eu le courage, contre vents et marées, de porter nos idées, de défendre nos valeurs dans une campagne de terrain. Ce score sans appel est une réponse apportée à ceux dont la contestation fut aujourd’hui aussi bruyante que marginale au sein de la base militante du parti.

Le second enseignement c’est que plus de 84% des adhérents choisissent de soutenir dès le premier tour de l’élection présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy. C’est un choix de cohérence pour les centristes qui souhaitent peser dans une coalition de la droite et du centre de 2012 à 2017, qui porterons dans les campagnes présidentielle et législatives nos valeurs humanistes, sociales et libérales, décentralisatrices et européennes.

La motion de l’ex-candidat, soutenant Nicolas Sarkozy, est arrivée en tête au congrès de Nogent, ce samedi, mais la survie du NC paraît incertaine.

Le Nouveau Centre (NC) résistera-t-il à la présidentielle? Après le spectacle qu’il a donné ce samedi à Nogent-sur-Marne lors de son congrès extraordinaire, rien n’est moins sûr. Toute la journée, ses dirigeants ont réglé leurs comptes sous la halle du Pavillon Baltard et les huées des quelque 550 militants présents, qui ont activement participé à la curée.

Trois motions se disputaient les suffrages des 7319 adhérents du NC habilités à voter. D’abord, celle d’Hervé Morin, à la fois un plaidoyer prodomo pour sa tentative de candidature et un appel à se rallier à Nicolas Sarkozy. Ensuite, celle du député de la Somme Olivier Jardé, conçue pour offrir une alternative aux adversaires de Morin désireux de voter Sarkozy. Enfin, celle de Jérémy Coste, jeune centriste solidement encadré par une poignée de sénateurs et d’élus qui croient à la réunification de la famille centriste autour de François Bayrou. Ou du moins, qui font comme si.

Hervé Morin a pris la parole en dernier pour défendre sa motion, et esquisser un mea culpa. Non pas sur sa candidature, dont il continue à pense qu’elle a fait «exister le Nouveau Centre», mais en regrettant de «ne pas avoir posé suffisamment d’actes clivants» durant le quinquennat.

Sur 2499 votants, soit une participation de 34,14%, la motion d’Hervé Morin a obtenu 67,63% des voix, la motion Jardé, 16,51%, soit une très large majorité pour les pro-Sarkozy, et la motion Coste, pro-Bayrou, 15,86%.

Des «Morin, démission» ont retenti

Si le choix d’Hervé Morin en faveur du président sortant a été validé par 1642 voix, il a concentré les critiques les plus dures. Quand il est monté à la tribune pour défendre son texte, des «Morin, démission» ont retenti au fond de la salle, où s’étaient regroupés les jeunes supporters du député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde. «On est venus à quatre cars!», précisait fièrement Michaël, l’un d’entre eux. Les mêmes ont hurlé «Lagarde président» quand leur idole a pris le micro pour regretter, la main sur le coeur, d’avoir entendu «conspuer» les auteurs des trois motions.

La suite de son discours a été nettement plus violente. Qualifiant la motion pro-Bayrou de «motion de dissolution» du Nouveau Centre, et celle d’Hervé Morin de «motion d’absolution», Lagarde a reproché au chef du parti «une candidature engagée sans consultation», qui a utilisé «pendant trois mois les moyens humains logistiques et financiers de ce parti», de telle sorte que le NC n’a «pas pu négocier ni sur le fond, ni sur les investitures, avec l’UMP». «La campagne nous a marginalisés, a-t-il affirmé. Comment peut-on nous dire que tout va bien? On se croirait dans un congrès du PC de l’Union soviétique!»

Soutien d’Hervé Morin, l’eurodéputé Jean-Marie Cavada lui a riposté que le «bordel» provoqué par ses supporters lui rappelait «un congrès de la SFIO».

Dans son discours de clôture, Hervé Morin a répondu lui-même à Jean-Christophe Lagarde en brocardant «ceux qui ont décidé pour des raisons d’opportunité politique de se mettre dans les bras de Jean-Louis Borloo, d’abord candidat à la présidence puis candidat à la présidence de Veolia».

Une chose est sûre: l’état de délabrement du Nouveau Centre n’a pas pu échapper à l’UMP, dont dépend largement désormais le sort de la petite quarantaine de parlementaires NC.

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