Hervé MORIN, Président du Nouveau Centre et candidat à l’élection présidentielle, a effectué ce
lundi 23 janvier un déplacement à Lyon sur le thème du logement.
Le logement, ce n’est pas une question technique. C’est un sujet éminemment politique, au
croisement de nombreuses problématiques, à commencer par le pouvoir d’achat, mais aussi
l’emploi, la famille, l’exclusion, la dignité humaine, l’environnement.
Le logement représente 30 % du revenu des ménages contre 15 % en 1980. Alors qu’il manque
aujourd’hui 1 million de logements en France, la sécurité, pour chacun d’entre nous, commence par
avoir un toit ; et devenir propriétaire de son logement est, pour beaucoup de Français, un projet de
vie. Or l’accession au logement est de plus en plus difficile, y compris pour les classes moyennes qui
éprouvent un sentiment de déclassement.
A l’issue de sa visite d’un chantier de construction de logements à Francheville, dans la banlieue de
Lyon, Hervé MORIN a détaillé ses propositions pour une nouvelle politique en faveur du
logement.
1. Passer du logement fiscal au logement social avec la construction de 130 000
nouveaux logements sociaux par an
On a confondu politique du logement et mécanismes de déductions fiscales (dispositifs
Périssol, Robien, Besson, Sellier…) pour réduire le montant de l’impôt sur le revenu.
On n’a pas assez construit et en plus, on a mal construit. On a mal construit car l’Etat a mis
des dizaines de milliers d’euros dans des déductions fiscales – Périssol, Robien, Borloo,
Sellier- alors qu’il met à peine 3 000 euros seulement pour la construction d’un logement
social à 120 000 euros. On a mal construit car on a construit trop de logements neufs dans
des régions sans problème, sans jamais répondre à la crise du logement, notamment dans
les zones urbaines. Dans le même temps, nombreux sont les Français – y compris parfois
ceux qui ont un travail – en situation de grand précarité en matière de logement.
Passer du logement fiscal au logement social, cela signifie :
• Adapter la construction de logements aux besoins réels des territoires et simplifier
les contraintes administratives et financières qui pèsent sur la construction de
logements sociaux.
• Faire jouer et renforcer des dispositifs fiscaux pour mettre fin à la spéculation
immobilière en ville pour des terrains vides, nus, conservés par des propriétaires qui
s’enrichissent chaque jour en dormant.
• Garantir la mixité sociale en fixant aux communes ou aux intercommunalités un
objectif annuel global de 20 % de logements sociaux parmi les nouvelles
constructions. Cela permettrait de produire 130 000 logements sociaux collectifs
par an.
2. L’expropriation d’office des propriétaires de logements insalubres qui refusent
d’obtempérer aux injonctions de réhabilitation
• Pour lutter plus efficacement contre le logement insalubre, il faut prononcer
l’expropriation d’office, au bénéfice des organismes de logement social , des
propriétaires de logements insalubres qui refusent d’obtempérer aux injonctions de
réhabilitation de leur logement.
3. Réorienter l’épargne des Français vers la construction de logements sociaux
• Il est proposé de doubler le plafond du livret A sert aujourd’hui à collecter l’épargne
des Français pour financer le logement social.
4. Partager les frais de notaires entre l’acquéreur et le vendeur pour qu’ils ne pèsent
plus sur les seuls acquéreurs dans un contexte de prix d’acquisition déjà très élevés.
Cette mesure vise en particulier à aider les primo-accédant qui verront, pour la plupart
d’entre eux, leur apport personnel réduit d’autant.
5. Faire un effort particulier en faveur du logement des jeunes et des étudiants
En 1973, les moins de 30 ans représentaient 25 % des locataires d’HLM. Ils ne sont
aujourd’hui plus que 11 % – et seulement 1% en ce qui concerne les étudiants – alors que les
plus de 65 ans en représentent 21 %. Quitter ses parents et accéder à un logement autonome
sonne souvent l’heure de l’indépendance, ou du moins représente une étape majeure dans la
transition vers l’âge adulte. Or la jeunesse subit de plein fouet la hausse sans précédent du
prix de l’immobilier qui s’accompagne d’une précarité de plus en plus grande des jeunes
adultes : bas salaires, contrats de travail à durée déterminée, chômage, etc.
Le parc de logement social est très peu adapté aux jeunes isolés. Les studios ne représentent
que 5% du parc et les deux pièces 18%, soit 23% de petits logements alors que le parc locatif
privé en compte plus de 40%.
• Développer la colocation dans le parc locatif social permettrait de pallier la pénurie
de petites surfaces.
• Annualiser les aides aux logements permettrait de mobiliser un plus grand nombre
de logements pour les étudiants. En effet, l’aide au logement est versée sur 12 mois
alors que le logement n’est occupé que pendant les 9 mois de l’année scolaire.
• Elargir à tous les étudiants – et pas seulement aux étudiants boursiers – la
suppression de caution personnelle pour accéder au parc locatif social.







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